“Les 45 tulipes monumentales” (2009-2011) décembre 16 2011
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Toujours plus grand, toujours plus ambitieux, toujours plus poétique, tel est le nouveau projet de la plasticienne Marielle PLAISIR. Après avoir collé durant deux années (2002-2004) les images sérigraphiés démesurées de nos chiens créoles sur les murs des villes de Basse-Terre, de la Vieja Ciudad de Santo-Domingo, de Bordeaux et de Dakar et Saint-Louis du Sénégal, Marielle Plaisir entame “Le chemin des anges” nouvelle œuvre monumentale qui trônera en 2010 au Sacré-cœur de Paris, en 2011 en la Mosquée désaffectée de Casablanca.
Une œuvre monumentale qui pèse 600 kg suspendue à 8m du sol dans un lieu de culte
Le 16 octobre prochain, la plasticienne Marielle PLAISIR exposera une œuvre monumentale en l’Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre. Elle est soutenue et sera inaugurée par Le Maire de la Ville de Pointe-à-Pitre, commentée par le philosophe Laurent Farrugia et orchestrée par le pianiste Jean-Michel Lesdel. Cette œuvre intitulée “ Le chemin des anges : Vanitas” est le fruit de trois années de travail durant lesquelles l’artiste s’est obstinée afin d’obtenir les autorisations du Ministère de la Culture, de la Direction des Monuments Historiques Ile de France, de la Drac Guadeloupe, et de l’Eglise, puis pour trouver les fonds et les techniciens (ingénieurs, architectes) qui ont réalisés sous sa direction une œuvre qui pèse au final 600kg et qui surprend, éclairée et suspendue à 8m du sol presque au dessus de l’Hôtel, au sein de la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre.
… et itinérante
Comme tous les projets qu’elle mène depuis 2002, Marielle Plaisir a défini le parcours l’œuvre, celui d’une revisite de lieux affectées ou non affectés au culte. Après la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Guadeloupe, l’œuvre est déjà attendue au SACRE COEUR de Paris en Octobre 2010, investira ensuite la MOSQUEE désaffectée de Casablanca en mai 2011
Donc quelle est l’œuvre ?
L’œuvre s’intitule “Le chemin des anges : Vanitas”. Elle est constituée de 45 tulipes monumentales d’un blanc cotonneux et translucide, tenues tête en bas par leur tige en circonférence et éclairées. L’œuvre n’existe pas seulement dans sa représentation visuelle mais aussi dans sa résonance avec un lieu et une architecture affectée au culte.

L’Œuvre et le patrimoine/ L’œuvre et lieu de culte
Marielle Plaisir assure que l’œuvre exposée en des lieux deviennent ‘parole’ car elles résonnent, font vivre et chanter un lieu porteur d’histoire et de spiritualité. Cette parole peut prendre plusieurs formes : La première a lieu entre l’église en tant qu’architecture quand le lieu n’est pas affecté au culte. La seconde entre l’Eglise en tant qu’institution quand le lieu est toujours affecté au culte. L’œuvre monumentale, en dehors de la thématique qu’elle développe est donc un moyen de redonner la parole à un lieux anciennement affectée au culte (MOSQUEE de Casablanca), de faire chanter l’architecture quand le lieu est affecté au culte (Cathédrale st Pierre et Sacré-Cœur)
Quelle est la philosophie de l’œuvre ?
“Le chemin des anges, Vanitas” reprend des éléments visuels des œuvres picturales de la plasticienne exposées entre 2005 et 2007 en galerie. Plasticienne et scénographe, Marielle Plaisir s’est progressivement tournée vers l’art de l’installation en travaillant autour d’un répertoire graphique : l’image du chien créole d’abord (”Le chien fou ou la poétique de l’errance” 2002/2004), puis celle de la tulipe (”Le chemin des anges”). Elle a d’abord voulu illustrer l’importance du geste répétitif, qui, en s’inscrivant dans un processus, devient partie prenante de la mémoire collective. Dans “Le chemin des anges”, elle utilise la tulipe comme image et iconographie unique. Dans l’art occidental, celle-ci évoque l’idée de beauté, le passage du temps, le cycle de la vie et de la mort, représentant tantôt l’innocence, tantôt la pureté, tantôt l’humilité.
L’œuvre monumentale “Vanitas” est donc une installation à laquelle l’artiste associe aussi des images d’hommes et de femmes de la caraïbe, mais aussi des anges du quattrocento italien qui rappellent que le temps et les plaisirs d’ici-bas sont passagers et que seule la mémoire des hommes et de leur histoire est importante.
“Vanitas” reprend l’image de la tulipe, pas n’importe laquelle, celle de la tulipe de Gesse. Le motif de l’arbre de la famille plonge ses racines dans une riche thématique biblique et iconographique. Depuis l’Antiquité, la métaphore végétale est courante pour symboliser la fécondité familiale : médecins, naturalistes et philosophes se sont plu à chercher les correspondances entre l’homme et l’arbre, à mettre en parallèle la sève, les branches, la verticalité et la recherche de la lumière du second avec le flux du sang, le développement des membres, l’aspiration à la perfection proprement humaine. Qui plus est, par une autre métaphore végétale, l’arbre a servi pendant des siècles à représenter le grand corps qu’est un lignage, une descendance. Comme l’arbre, une famille naît, elle s’épanouit, se ramifie, se dessèche. La métaphore a longtemps hanté les représentations de la parenté avant de se fixer en une image, l’arbre généalogique. L’arbre de Jesse est un des ancêtres de l’arbre généalogique. Il est un thème iconographique et une image inspirée de la prophétie d’Isaïe disant que le patriarche Jesse donnerait naissance à une tige et à une fleur, prophétie interprétée comme l’annonce de la venue du christ et de la vierge et celle de sa descendance. L’arbre de Jesse connaît souvent un emplacement de choix dans le vitrail.
L’installation du “chemin des anges “, à travers la multiplication de tulipes, est la représentation de la “famille”, une forme d’arbre généalogique universelle qui s’apparente à l’arbre de Jesse mais se défait de toute appartenance à une quelconque religion.
Photo : Jean–François Manicom / copyright 2010
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